Histoires de Conducteurs

Parlez ici de l'actualité et discutez du chemin de fer.
27 juil. 2017
08:27
 
 
Avatar de l’utilisateur DELATTRE Didier
Membre

Re: Histoires de Conducteurs

Didierg a écrit:J’avais entendu cette histoire vers 1997 :)


En effet c'était arrivé à un conducteur de Lille et rien à voir avec un forcement en gare mais a des travaux sur la 1ère partie du quai

08 sept. 2017
21:47
 
 
Marcel Fabre
Membre

Re: Histoires de Conducteurs

Bonjour, afin d'échanger sur des infos et compléter mes souvenirs, je recherche des conducteurs diesels/autorails appartenant au dépôt de RENNES dans les années 70/80.

D'avance merci

Bonne soirée,
Marcel Fabre
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12 oct. 2017
21:54
 
 
jml
Membre

Re: Histoires de Conducteurs

Bonjour à tous,

En tout j'ai passé un mois dans la grande maison. J'étais aide-conducteur en 1982 à l'annexe traction de Sarreguemines. Les machines étaient exclusivement thermiques et j'ai roulé principalement sur des 67400. J'aimais bien, aussi, les 66000 dont la suspension m'évoquait celle des 2CV.

Une journée m'a plus spécialement marqué. Ce devait être une journée pépère.

Après un court repos à Hausbergen, embauche bien avant l'aurore avec un conducteur alsacien. Desserte en 63500 de la raffinerie de Hochfelden, puis train de machines entre le dépôt de STG et celui de Hausbergen, au cours duquel nous avons failli rester coincés sous les voies principales, dans ce qui s'appelle je crois une trémie (un saut de mouton "à l'envers"). Cela a confirmé que le mécano devait être dans un mauvais jour : bien que sans expérience et ne connaissant pas les lieux, je trouvais moi-même qu'il serrait beaucoup dans la descente... La tension a été palpable pendant quelques instants, les rails devaient être noyés de sable après notre passage !
Finalement, après avoir troqué notre 63000 contre une 67400, nous nous sommes mis en tête de notre train pour rallier Sarreguemines et finir la journée : un wagon couvert solitaire, en cette période de vacances, tel était le lourd fardeau qui allait faire ahaner notre équipe et la machine jusqu'à Sarreguemines.

Quelques instants avant le départ (cela se jouait à 2 minutes près), qqu'un est venu en courant pour nous dire de dételer et de remonter vers STG gare, pour prendre en charge le premier rapide du matin vers Paris...
D'abord incrédulité partagée, puis, devant la véhémence de notre messager, nous comprenons que c'est vrai. Expression de la mauvaise humeur de mon mécano (en alsacien), pendant que nous nous exécutons. Mise en tête du train, 15000 comprise. Le mécano de la 15000 est monté avec nous en cabine, et, après encore qques minutes d'attente, nous voilà partis, à pleine puissance, direction Paris, sans savoir jusqu'où on tirerait ce train. A un moment, le mécano de la 15000 a dit en rigolant : "ici, d'habitude, je suis à 160" - nous devions en être à la moitié. Tête de mon mécano, dont le sens de l'humour semblait, ce jour-là, vraiment en berne. Et notre machine ahanait pour de bon, la pauvre !

On nous a fait arrêter à quai à Saverne, où on nous a enfin expliqué qu'il y avait un pb caténaires peu après le quai. Jusqu'alors, nous n'avions pas eu d'informations et on se voyait déjà tirer le tout jusqu'au buttoir gare de l'Est.
Encore attente, finalement on nous a demandé de dételer et de nous ranger sur la voie de l'autre côté du quai.

Et là, j'ai compris ce que sont les 15000 : la machine a remonté le panto, après qques annonces pour avertir les passagers, le train a fait prudemment marche arrière sur un peu plus que la longueur du quai. Puis il a démarré plein pot vers Paris, et j'ai été ébouriffé, au sens propre du terme, par la vitesse qu'il avait déjà atteinte à notre hauteur, tout en continuant d'accélérer. Avec l'inertie, il a pu traverser la section défectueuse et continuer sa marche vers la capitale...

C'est loin, mais il me semble avoir regretté n'avoir pas eu droit, avec mon mécano, à un petit signe de connivence de la part du mécano de la 15000, en ces circonstances un peu particulières pour tout le monde. Mais peut-être n'est-ce pas la coutume ?

La suite est simplement un retour HLP vers Sarreguemines, par un itinéraire bien mystérieux pour moi, mais où je crois me souvenir que tout était au vert.

Très bonne journée à tous.
Jean-Marc

15 oct. 2017
10:16
 
 
Avatar de l’utilisateur Vinces
Membre

Re: Histoires de Conducteurs

jml a écrit:...
C'est loin, mais il me semble avoir regretté n'avoir pas eu droit, avec mon mécano, à un petit signe de connivence de la part du mécano de la 15000, en ces circonstances un peu particulières pour tout le monde. Mais peut-être n'est-ce pas la coutume ?
...

Je crois surtout que le conducteur de la 15000 était particulièrement concentré sur la zone a franchir panto baissé, il lui fallait prendre la maximum de vitesse (donc en gardant la traction et le panto en l'air) et surtout ne pas rater le point où baisser le panto. Le fait qu'il ait du refouler un peu pour prendre de l'élan me conforte dans dans cette idée, la zone devait etre très proche et donc peu de distance pour se lancer.
ex Conducteur TGV - jeune retraité

16 oct. 2017
19:01
 
 
jml
Membre

Re: Histoires de Conducteurs

Bonsoir,

maintenant que tu le dis, Vinces, il me semble effectivement qu'il a baissé le panto. L'hypothèse de la concentration et d'une multitude de choses à faire, que j'avais envisagée, prend d'autant plus de corps :wink:

Merci de vos réponses, bonne soirée.
Jean-Marc

24 nov. 2017
14:15
 
 
garance
Nouveau Membre

Re: Histoires de Conducteurs

Bonjour,

Je travaille pour une société de production audiovisuelle qui est actuellement en train de produire un documentaire historique sur l'Orient-Express, en coproduction avec une grande chaine nationale.

Dans le cadre de ce documentaire, nous cherchons des gens qui pourraient témoigner de leur expérience (ou celle d'un tiers) à bord de ce train myhtique.
Ce feed relatant des anecdotes et histoires, j'espère que certains d'entre vous aurons des choses à nous raconter !


RECHERCHE DE TEMOINS ET DE DOCUMENTS D’ARCHIVES
POUR UN DOCUMENTAIRE SUR L’ORIENT-EXPRESS
24 novembre 2017

Notre société de production basée à Paris développe actuellement un documentaire historique de 90 min. pour une chaine nationale sur la grande épopée du train Orient-Express, de Paris à Istanbul, jusqu’à sa fin en 1977.

Pour les besoins de ce film, nous recherchons :

• Des usagers (ou leurs enfants) de l’Orient-Express qui ont des souvenirs de voyage, qui y ont vécu un moment marquant de leur vie (un voyage de noces, une traversée du Rideau de fer, par exemple) et qui pourraient témoigner, avec pourquoi pas à l’appui des photographies ou des films amateurs;

• Des cheminots, employés du rail, qui ont travaillé pour l’Orient-Express et pourraient nous raconter leur quotidien dans ce train devenu mythique et disposant, pourquoi pas, de photos ou films d’époque.

Si vous souhaitez témoigner ou proposer des informations ou documents d’archives, n’hésitez pas à entrer en contact avec notre équipe de production :

documentaireorientexpress@gmail.com

Nous vous remercions par avance.

La Production.

12 janv. 2018
14:28
 
 
Avatar de l’utilisateur Vinces
Membre

Re: Histoires de Conducteurs

Souvent je vous relate des incidents ou anecdotes que j'ai vécu, aujourd'hui c'est une histoire que j'ai vécu en spectateur. si je la relate aujourd'hui c'est que ça date de 22 ans et que le conducteur est aujourd'hui en retraite depuis déja pas mal de temps.

Fin 1995, nous sommes avec d'autres collègues en formation TGV, lorsqu'au dépôt, autour de la machine a café nous entendons une nouvelle surprenante; un TGV remontant de Marseille a "perdu" un éléments en cours de route. Nous nous sentons concerné car d'une part nous voulons comprendre ce qu'il s'est passé et d'autre part le titulaire du train est un conducteur de Paris Charolais.

Les faits;
En ligne entre Orange et Montélimar le conducteur d'un TGV en UM constate des fuites ponctuelles dans la CG (la conduite de freins), il décide de s’arrêter pour remédier a l'anomalie puis reprends sa route, il est arrêté en gare de Valence-Ville où on l'avise qu'il a "perdu" un élément.

Ce qu'il s'est passé;
Constatant des fuites ponctuelles dans la CG, le conducteur s’arrête et visite son train pour trouver l'anomalie, il découvre une fuite légères sur le Scharfenberg (autocoupleur entre rame TGV sui assure l’attelage mécanique mais aussi les liaisons électriques et pneumatiques), il réalise, bien trop rapidement, une action dans le nez en tournant un robinet , la fuite cesse il repart en laissant une rame TGV sur place sans s'en percevoir.
Le problème c'est ce robinet, il a tourné le robinet provoquant le dételage des deux rames, la fuite venant de la jonction des deux partie du Scharfenberg, en faisant cela, il isole les deux rames et donc la fuite cesse. Personne n'a compris comment un conducteur a pu faire ce genre d'erreur, nous connaissons bien ce robinet de dételage puis nous formons et coupons régulièrement les rames.

La Suite
La suite n'est brillante pour personne, au dépôt tout le monde l'a compris de suite, les conducteurs comme l'encadrement.
Le TGV est arrêté a Valence où un responsable du dépot de Porte-les-Valence attends celui-ci sur le quai. Il monte en cabine où il trouve une jeune femme avec le conducteur, cette personne n'ayant rien a faire en cabine, il l'a fait débarquer immédiatement, puis informe le conducteur qu'il a laisser la moitié de son train en pleine ligne et .... le laisse remonter son train jusqu'a Paris.
A partir de ce moment tout le monde a compris le problème; le conducteur ne va cesser de se demander jusqu'a Paris ce qu'il s'est passé, où il a pu faire une erreur, il vient d'avoir une explication avec le responsable de Portes qui a du assez mal se passer (d'après ce qu'on a su par le suite) et il n'est bien sur plus totalement concentré sur la conduite mais sur ce qu'il s'est produit.
Le conducteur aurait du soit etre relevé sur place pour des conditions de sécurité, soit etre accompagné jusqu'a Paris par un CTRA ou un responsable traction, mais ce n'est pas ce qui a été fait.

La Fin
La fin est encore plus surprenante;
Au dépôt un certains nombres de conducteurs TGV seront très sévères avec ce collègue, a tel point que ce sera l'encadrement du dépôt qui devra prendre sa défense. Il me semble qu'a cause de l'ensemble des dysfonctionnements aucune sanction n'a été prise contre lui mais au vu de la réaction des collègues qu'il a très mal vécu, il n'a pas terminer sa carrière comme conducteur, il a choisit lui-même une autre voie. Il est par contre assez probable que ce se soit passé différemment pour le responsable de Portes-les-Valences..

Etant en formation TGV, l'erreur nous a été profitable, celle-ci a été analysée en salle et reproduite sur des rames en stationnement aux ateliers. Nous avons tout de même été très surpris que ce type d'erreur puisse se produire, la précipitation a dû jouer un rôle important mais d'autres variables ont pu entrer aussi dans le processus.
En ferroviaire la précipitation est l'ennemie J'ai vu des stagiaires sur tout type de trains (TGV ou autres) bien résoudre les anomalies mais bien trop vite pour avoir pu envisagé tout les scénarios possible. Ce que je vais dire peut paraitre surprenant mais dans le cas d'une anomalie, le chose la plus importante c'est de prendre son temps, une fois arrêté, on n'est plus a 2 ou 3 minutes près, mais c'est probablement le point le plus difficles a gérer.
ex Conducteur TGV - jeune retraité

12 janv. 2018
23:42
 
 
Avatar de l’utilisateur TER200
Membre

Re: Histoires de Conducteurs

Vinces a écrit:En ferroviaire la précipitation est l'ennemie J'ai vu des stagiaires sur tout type de trains (TGV ou autres) bien résoudre les anomalies mais bien trop vite pour avoir pu envisagé tout les scénarios possible. Ce que je vais dire peut paraitre surprenant mais dans le cas d'une anomalie, le chose la plus importante c'est de prendre son temps, une fois arrêté, on n'est plus a 2 ou 3 minutes près, mais c'est probablement le point le plus difficles a gérer.

Mon métier (développement et support logiciel) n'a pas grand chose à voir, mais le constat est le même : résoudre certains problèmes ne prend parfois que 2 minutes, mais on peut passer deux heures ensuite à réparer la connerie faite parce qu'on n'a pas assez vérifié :evil:
Gleis fünfundreissig, téheuhère-deucents nach Mulhouse, Strassburg...

22 fvr. 2018
01:18
 
 
Avatar de l’utilisateur Vinces
Membre

Re: Histoires de Conducteurs

Généralement tout se passe plutôt bien entre les agents de différents services, nous étions tous là pour faire en sorte que ça se passe pour le mieux pour tout le monde mais de temps en temps, il y avait un accro.

Nous sommes en gare de Montpellier avant la mise en service des le LGV med (Ligne méditerranée), je suis en attente de départ vers Paris Lyon avec une rame TGV, lorsque le PRS de Montpellier m'appelle a la radio pour m'aviser que j'allais partir avec un retard de 45mn par la raison xxxxx ( je ne me souviens plus de cette raison)
J'appelle donc le controleur de du train pour lui répercuter l'info afin qu'il puisse avertir nos voyageurs, et là, je tombe sur un agent qui me répond
- Je ne vais certainement pas faire une annonce pour ensuite etre em... jusqu'a Paris parce qu'intel ou intel aura une correspondance et qu'il vaudra me demander s'il pourra l'avoir
Là, je reste sans voix, il me semble tellement remonté que je n'insiste pas, mais comme je suis tétu et que je trouve inadmissible sa réponse, je fais l'annonce aux voyageurs moi-même.

5 minutes plus tard je voie le chef de service arriver a la hauteur de la cabine et me demander ce qui se passe. Dans un premier temps, je ne comprends pas ce qu'il me demande, il m'explique alors que le controleur de mon train est descendu de celui-ci et refuse de partir car j'ai fait une annonce..... ambiance !!!
Après explication, le chef de service est lui aussi tres surpris, d'autant que la gare a elle-même fait une annonce sur le quai.

Moins de 15mn plus tard tout est réglè, le contrôleur est revenu sur le train et nous partirons avec le retard prévu, mais sans nous adresser un mot durant le trajet, je l'ai appelé plusieurs fois pour lui donner l'évolution du retard sans qu'il ne me réponde, à une heure de Paris et après une dernière tentative, j'ai fini par faire l'annonce moi-même, certainement pour son plus grand déplaisir....

Je n'ai jamais su ce qui avait motivé son attitude ce jour là, ni même de qui il s'agisait.
ex Conducteur TGV - jeune retraité

24 aot 2018
19:25
 
 
Heph
Membre

Re: Histoires de Conducteurs

Salut à tous,

Même si je suis encore jeune dans le métier (11 ans quand même, mais laissez-moi perdre des années !), j'ai eu la chance d'être formé à l'ancienne par des conducteurs et des chefs qui avaient essuyé leurs fonds de culotte sur les 12000 et consors (et même un qui avait à son actif de nombreux trains et essais avec les quatres magnifiques 21000). Pour eux rien ne valait la connaissance pointue de la technologie des machines et du sacro-saint règlement.

De fait ma formation a été comment dirai-je… psychologiquement sportive. La visite de certains chefs, et les stages avec certains conducteurs, étaient particulièrement redoutés, tant nous savions qu'aucune phase de préparation et de conduite ne serait indolore. Suivent quelques anecdotes sur le sujet, et j'espère que mes collègues enchériront !

Lors d'un de mes premiers stages ligne (en doublette avec un moniteur, au manche, comme à l'auto-école), le conducteur s'enquiert de mes machines de bases (celles que nous devions connaître sur le bout des doigts) : 22200 et 27000. Si ces dernières ont tous les atouts de simplicité des machines modernes, les premières sont plutôt transitoires et laissent quelques fantaisies en matière de piège-à-stagiaire. "Donc, tu connais bien la 22200 ?" me demande mon moniteur. Je réponds oui du tac-au-tac tant on nous avait déjà bassiné avec l'aplomb et la certitude inébranlable du conducteur (mieux valait persister dans sa bêtise que de laisser transparaître la moindre fébrilité). "OK, alors parle-moi de l'utilité des LT(DC)CAP-FI(PL)". Je prend la question comme de l'azote liquide dans le dos : "quid ? De quoi il me cause ???". J'ai su à ce moment-là que j'allais souffrir le restant de la journée, et j'ai souffert, mais j'ai aussi appris une des principales qualités d'un conducteur, l'humilité ! Etre sûr sans être arrogant, se savoir faillible, tout est dans la mesure... Pour la petite info mon moniteur me parlait des "lampes témoin de décharge des capacités du filtre principal" capitales pour notre sécurité puisque que leur extinction nous informe que nous pouvons intervenir sans danger dans les parties hautes tension de la machine.

Un peu plus tard, j'arrive du foyer au dépôt pour un petit patachon de Thionville à Mulhouse, prévu en 27000 et avec un moniteur "cool" donc sans grande difficulté à priori. Arrivé dans la salle de prise de service pour m'enquérir de ma machine (le stagiaire gère tout de A à Z, en fonction de l'avancement de sa formation), je tombe sur mon moniteur plutôt palôt qui m'informe : "tu as de la visite". Horreur (ce n'est pas un euphémisme), le chef de la formation nous accompagne. Autant le dire tout de suite, ce chef avait le don de transformer l'équipe de conduite en béchamel par sa simple présence, sans parler de sa réputation de casseur de stagiaire (qui s'est avérée très exagérée car c'était un excellent pédagogue, mais très exigeant et pas franchement versé sur la rigolade, sans parlé de sa taille respectable et de la barbe qui va avec). "Yannick, puisque tu sembles versé sur la technique, je me suis permis de demander la loc de réserve pour ton train, la 25103". "Euh, chef, j'ai jamais touché ces bêtes-là". "C'est l'occasion d'apprendre !". Apprendre, pour lui, ça signifiait préparer et rouler au manuel de conduite et bien sûr, guide de dépannage… Et les 25100, les anciens en parleront mieux que moi, c'est difficile à improviser, surtout sur un train de marchandises qui en plus s'est avéré limite question tonnage. Contre toute attente, le chef a su ménager l'apprenti que j'étais, sans pour autant le laisser tranquille : "gaffe les intensités en freinage !!! Ca pousse au cul tu sens pas ???", et paf le disjoncteur, et que je te saute sur le frein pneumatique, et qu'au passage il me simule une panne ou une autre… Le moniteur ? Liquéfié dans un coin, les autres auraient au moins essayé de distraire le chef (ça n'a jamais marché). A l'arrivée, la machine subit une visite dans les règles de l'art, le carnet de bord fut gratifié d'un "raccord filasse légèrement fuyant sur bloc frein". Une fois au dépôt je fut tout de même gratifié d'un "c'est bien jeune mais potasse ton profil" et venant de lui, ça valait tous les examens !

Yannick :wink:

27 aot 2018
11:36
 
 
Avatar de l’utilisateur OSVF
Membre

Re: Histoires de Conducteurs

Vinces a écrit:Généralement tout se passe plutôt bien entre les agents de différents services, nous étions tous là pour faire en sorte que ça se passe pour le mieux pour tout le monde mais de temps en temps, il y avait un accro.

Nous sommes en gare de Montpellier avant la mise en service des le LGV med (Ligne méditerranée), je suis en attente de départ vers Paris Lyon avec une rame TGV, lorsque le PRS de Montpellier m'appelle a la radio pour m'aviser que j'allais partir avec un retard de 45mn par la raison xxxxx ( je ne me souviens plus de cette raison)
J'appelle donc le controleur de du train pour lui répercuter l'info afin qu'il puisse avertir nos voyageurs, et là, je tombe sur un agent qui me répond
- Je ne vais certainement pas faire une annonce pour ensuite etre em... jusqu'a Paris parce qu'intel ou intel aura une correspondance et qu'il vaudra me demander s'il pourra l'avoir
Là, je reste sans voix, il me semble tellement remonté que je n'insiste pas, mais comme je suis tétu et que je trouve inadmissible sa réponse, je fais l'annonce aux voyageurs moi-même.

5 minutes plus tard je voie le chef de service arriver a la hauteur de la cabine et me demander ce qui se passe. Dans un premier temps, je ne comprends pas ce qu'il me demande, il m'explique alors que le controleur de mon train est descendu de celui-ci et refuse de partir car j'ai fait une annonce..... ambiance !!!
Après explication, le chef de service est lui aussi tres surpris, d'autant que la gare a elle-même fait une annonce sur le quai.

Moins de 15mn plus tard tout est réglè, le contrôleur est revenu sur le train et nous partirons avec le retard prévu, mais sans nous adresser un mot durant le trajet, je l'ai appelé plusieurs fois pour lui donner l'évolution du retard sans qu'il ne me réponde, à une heure de Paris et après une dernière tentative, j'ai fini par faire l'annonce moi-même, certainement pour son plus grand déplaisir....

Je n'ai jamais su ce qui avait motivé son attitude ce jour là, ni même de qui il s'agisait.


En tant qu'ancien contrôleur à Paris Gare de Lyon (chef de bord moniteur principal) de 1975 à 1997 et une fin de carrière à La Rochelle 97/2012 je ne peux qu'être exaspérer d'un tel comportement, c'est inacceptable!!! Bien au contraire le client bien informé est bien plus rassuré il sait que l'on s'occupe de lui, enfin c'est que j'ai retenu des 37 années à bord des trains.
Le dernier incident en date, le déraillement de Marseille, ou les médias passent l'annonce de ma collègue ce n'est pas brillant, elle bafouille et c'est incompréhensible. C'est pourtant simple une annonce que l'on écrit qui décrit l'incident prends quelques minutes, mais c'est ensuite audible.
J'ai aussi connu quelques conducteur qui ne donnaient pas d'info..... personne n'est parfait, mon principe à toujours considéré qu'un train c'est un conducteur, un contrôleur, une hôtesse ou un steward, bref une équipe qui doit notamment en cas de problème être unie, enfin c'est juste mon avis.

18 nov. 2018
00:04
 
 
Avatar de l’utilisateur Denis le moucheron
Modérateur

Re: Histoires de Conducteurs

Bon je vais y aller de ma plume de jeune conducteur TGV.

Après un constat difficile pour valider la formation (oral passé 3 fois avec 4h30 au tableau à chaque fois), le 1er juin, je reçois enfin les sacrements de la part du RQS Responsable Qualité Sécurité du dépôt de Scaronne qui au passage ne jure que par le TGV Sud Est (série de rames sur laquelle je ne suis pas autorisé).
Durant cette formation, j'ai oublié de temps en temps durant les exercices oraux de préciser que je vérifie la fermeture des trappes de nez avant de monter à bord. Évidemment, mon formateur ou son assistant n'hésitait pas à s'en donner à cœur joie pour me le rappeler de manière un peu sournoise par moment.

Ceci étant dit, je commence ma nouvelle carrière par ..... 1 semaine de congé (j'en avais besoin , j'étais vidé)

A l'issue de ces congés, j'effectue ma 1re journée de travail :
- un Lyon Perrache - Paris Gare de Lyon avec un retour en voiture. Petit début j'en conviens mais çà permet de se mettre en jambe.

J'attaque vers 5h du mat. Je me lève avec un sentiment mitigé : l'impression de me retrouver 20ans en arrière quand jeune TB j'allais conduire mon 1er train. J'arrive au dépôt, j'effectue ma prise de service comme je le fais depuis des années, je ne pense pas au fait que je vais conduire un TGV. Puis je pars à pied rejoindre la gare de Perrache. Le dépôt de Scaronne se trouve sur la rive gauche du Rhône, Perrache étant juste de l'autre côté. Il suffit de traverser le pont ferroviaire qui les relie. Le parcours prend 12min environ, j'en profite pour essayer de me détendre, je me répète que je conduis depuis 20 ans des trains et qu'aujourd'hui c'est encore la même chose. Comme un jeune TB j'arrive en gare de Perrache bien en avance (40min avant que la rame soit mise à quai par un jockey). Je tourne en rond dans le hall de la gare comme un lion en cage, un mélange d'excitation et de stress. finalement 10 min avant l'arrivée de la rame je descends sur le quai, il fait pas très chaud ce matin là mais je m'en fout çà me fait du bien.
Enfin , je vois pointer 3 phares en triangle au loin en provenance du technicentre. Je me dirige vers l'extrémité du quai d'où je prendrais les commandes, je croise une collègue contrôleur qui va faire parti de l’équipe de bord. Un petit bonjour rapide et je poursuis mon chemin.
La rame entre à quai, je marque un temps d'arrêt pour saluer le jockey qui amène la rame. Comme un rituel, je lui fais signe puis lui présente le pouce levé, il me répond par la même gestuelle (tout va bien). Mon train est composé de la 713 et de la 718 (2 rames Dasye).
j'arrive enfin à l'extrémité de la rame et là je me dis : " j'oublie pas la vérification des trappes de nez" . Je m'avance et là surprise, le nez est ouvert!!!
Je regarde autour de moi en me disant : " Elle est où la caméra cachée??"
J'effectue la fermeture du nez.
Je monte à bord, effectue les vérifications prévue dans le compartiment moteur, puis j'ouvre la porte d'accès cabine....
Là, je m'arrête quelques secondes, j'observe le pupitre qui se trouve devant moi dans la lumière du petit matin. Et là je me dis : "Ça y est .... mon gars après avoir dit à l'âge de 6 ans quand je serais grand je conduirais le TGV, le jour est arrivé".
Je prends une grande aspiration, et me voilà parti a poursuivre la préparation de mon train.
La suite de cette journée s'est déroulée sans encombre avec simplement un peu plus d'attention dans les différentes phases de la conduite comme quand j'étais jeune TB.
Stagiaire TB à 23ans, CRL EL à 24ans, CRL à 26ans, CRL P à 30ans et TGViste à 44ans.... Bientôt la retraite.... ou pas!

18 nov. 2018
00:59
 
 
jean marc X4500
Membre

Re: Histoires de Conducteurs

Ah extra ton premier TGV!! :D Felicitations Denis pour ta formation et ton constat réussis, cela ne doit pas être facile. Bonne continuation dans ton beau métier. :)

18 nov. 2018
12:31
 
 
Avatar de l’utilisateur Vinces
Membre

Re: Histoires de Conducteurs

Denis le moucheron a écrit:Bon je vais y aller de ma plume de jeune conducteur TGV.
....

Le premier TGV est toujours stressant, presque autant que le constat par lui-même.

Lorsque j'ai passé le constat en 1996 juste après le mouvement de grève qui avait duré pres d'un mois, il y avait l'ADSQ en charge de celui-ci plus un CTT TGV car l'ADQS ne connaissait pas le TGV, juste les bases, mais c'est lui qui posait les questions ... je vous laisse imaginer facilement ce que donne le fait un jour de constat d'avoir en face de soi deux dirigeants.
L'ADQS prends donc les textes réglementaires, et me fait, "bon, voyons ce qu'il y a dans le catalogue" s'en suit une série de questions sur lesquelles je m'en sort sans difficulté, puis viens une question sur les essais du CAB avant départ a PLY avec une rame TGV SE équipée en TVM 300,

Là il y a un piège; en TVM 300, on ne peut pas faire d'essai complet sauf a l'époque sur certaines voies de Paris Lyon qui étaient équipées pour des essais réalisés depuis le sol, il fallait activer avec le pied le dispositif caché sous la bordure du quai, vérifier l'allumage en blanc d'un voyant noyé dans le quai puis remonter en cabine avant que celui-ci ne passe au vert, débutait alors le défilement complet des séquences de CAB dans un ordre bien précis.

Donc la question étant posée je lui explique toutes ces particularités et je me lance dans l'essai du CAB. A ce moment il me tends un guide de dépannage (GD) du TGV SE et m'invite a l'utiliser car le test ne fonctionne pas, je déroule le dépannage et finalement j'arrive a une demande de secours, je trouve ça curieux et lui aussi car il me prends le GD, refait le dépannage et arrive a la même conclusion. A première vue j'ai bien compris que ce n’était pas ce qu'il avait prévu. Donc on repasse en l'intégralité de la question et de mes réponses en revue et le CTT TGV s’aperçoit que l'ADQS n'avait pas fait attention a ma réponse et que nous n'aurions pas du nous engager dans la voie du GD. Retour a la normal après une demi-heure de fort stress.

Quelques années plus tard je suis tombé lors du déménagement du dépôt sur un rapport qui avait été égaré. Celui-ci portait sur le déroulement de notre formation TGV, formation qui venait d'etre modifiée, et pointait le fort stress des candidats tout le long de la formation et surtout lors du constat.

La partie orale du constat a durée un peu moins de trois heures mais dans ces conditions c'est long, le premier TGV (raconté dans les autres pages) a eu lieu plus de 2 mois après le constat et là je me souviens avoir passé une nuit blanche la veille.
ex Conducteur TGV - jeune retraité

18 nov. 2018
19:21
 
 
pataphil
Membre

Re: Histoires de Conducteurs

Salut Denis.
Félicitations pour ta formation.
C'est vrai qu'un Lyon Paris avec retour en voiture c'est léger. Mais pour une première journée.... :) Maintenant, la LGV 1, tu dois en bouffer.
Il ne reste plus qu'un mois pour les sud est par chez nous.

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