Histoires de Conducteurs

Parlez ici de l'actualité et discutez du chemin de fer.
16 sept. 2014
00:49
 
 
Avatar de l’utilisateur Vinces
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Histoires de Conducteurs

Ce sujet est la suite d'un autre identique, situé ailleurs, mais qui a été fermé car il ne répondait a la philosophie du dit forum, il a quand même fallut 53 pages pour s'en apercevoir ....

Le but est de rassembler ici des expériences professionnelles de conducteurs (anciens ou encore en activités), d'annecdotes et en règle générale de tout ce qui touche de près ou de loin au vécu du personnel roulant. L'ancien sujet était suivi de façon régulière par nombre de membres qui ont regrettés sa fermeture, lors de ces échanges il est apparu que nous avions parfois le défaut d'etre trop technique dans nos propos, n'hésitez donc pas a demander des explications si telle formulation vous parait incompréhensible ou si certaines abréviation, utilisées, dans le feu de la conversation manquent de lisibilités.

Personnellement je suis entré a la SNCF en 1978 sur L'ouest, j'y suis resté jusqu'en 1992 où je suis parti sur le Sud-Est, puis une retraite en juin 2013. En passant de l'ouest au Sud-Est, ce n'est pas seulement un changement de région c'est aussi un changement d'ambiance que j'ai constaté, plus détendue - N'allez tout de même pas croire que c’était des vacances perpétuelles mais c’était nettement perceptible.

En arrivant au dépot du Charolais, j'avais une petite idée de ce qui m'attendait, une formation a la banlieue etait malheureusement inévitable - La banlieue n'a jamais été ma tasse de thé - mais aussi des engins prestigieux comme les CC 6500.
La mentalité a la banlieue du SE etait particulière, beaucoup de croisement (échange de journée) entre les agents, je n’étais pas habitué à ça. Peu de temps après mon arrivée, je remonte de Corbeil en voyageur (je n'assurais donc pas la conduite du train) mais je monte en cabine avec le collègue, je lui explique que je vais a Paris et que si c'est son dernier train de la journée, je peux lui remonter si ça l'arrange. Il me répond que oui et qu'il descendra en cours de route me laissant le soin de terminer son train puis plus rien, pas causant le collègue, donc j'attends.... A Ris-Orangis (ou peut-etre Grand-Bourg) où nous avions un arret régulier, le voila qui se lève, Ok, je prends la suite... ben, non, je vais peut-etre attendre car je constate qu'il a laisser son sac en cabine, au bout de 3 a 4 mn je le voie revenir avec un croisant (il y avait une boulangerie juste a côté de la gare), et bien il sont plutot détendu su Sud-Est, il ne s'em....... pas celui-là, je les savais plutot cool mais je n'avais jamais imaginé ça. La dernière gare avec un arrêt avant Paris-Lyon est Villeneuve St Georges et le collègue reste aux commandes, je me dis il a du changer d'avis mais comme il ne parle pas pas moyen de le savoir, après tout, moi ça ne me dérange pas. On approche de l'entrée de la Gare souterraine et là il fait un arret en pleine voie a environ 1500m de la gare Soutérraine, m..... j'ai raté quelque chose ? je n'ai rien vu. Il se lève, prends son sac, me sert la main et toujours sans rien dire descend du train.... Ah, la vache, il ne s'em..... vraiment pas , un arret juste en face du dépot, au vu et au sus de tout l'encadrement. Mais où suis-je donc tombé ? bon c'est pas le tout mais il faut tout de même emmener le train au bout, je prends donc la suite.
Après cette histoire j'ai un peu sondé les collègues et je suis aperçu que j'etais quand même tombé sur un cas particulier. D'ailleurs il n'a pas terminé sa carrière a la route, il a été descendu médical quelques années plus tard.
Dernière édition par Vinces le 16 Sep 2014 14:10, édité 1 fois.
ex Conducteur TGV - jeune retraité

16 sept. 2014
09:55
 
 
Avatar de l’utilisateur tram21
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Re: Histoires de Conducteurs

bonne idée !

il y a de quoi faire... :wink:
la logique et le chemin de fer sont deux choses bien distinctes qu'il ne faut pas mélanger

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16 sept. 2014
22:44
 
 
Ferrovi-Pat
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Re: Histoires de Conducteurs

Bonjour "Vinces",

Dit brutalement, le préambule de ton texte n'a rien à faire ici.

Ce qui se passe sur un forum tiers n'a pas vocation à être relayé sur un autre, ici Trains Français. Tu as fait part de ton mécontentement là où il fallait, alors pas la peine d'en rajouter. Place aux anecdotes.

Patrick

16 sept. 2014
22:59
 
 
Avatar de l’utilisateur Fred
Modérateur

Re: Histoires de Conducteurs

Ferrovi-Pat a écrit:Bonjour "Vinces",

Dit brutalement, le préambule de ton texte n'a rien à faire ici.

Ce qui se passe sur un forum tiers n'a pas vocation à être relayé sur un autre, ici Trains Français. Tu as fait part de ton mécontentement là où il fallait, alors pas la peine d'en rajouter. Place aux anecdotes.

Patrick

Pour ma part je trouve ce préambule court, clair mais soft, je veillerai que cela reste dans la même lignée mais il n'y a pas de raison que cela ne dévie.

16 sept. 2014
23:44
 
 
Avatar de l’utilisateur Vinces
Membre

Re: Histoires de Conducteurs

Toutes les anecdotes ne seront pas relatées dans un ordre chronologique, mais plutot telles qu'elles me reviendront a l'esprit, j’essayai aussi de ne pas faire de doublon avec le sujet de l'autre forum mais ça va etre plus difficile a moins de relire systématiquement les nombreuses pages.

Lorsqu'on entre a la SNCF dans un métier comme la traction l'une des difficultés que l'on rencontre c'est de s'adapter aux horaires, ce ne sont pas des horaires en 3x8 mais bien des horaires qui changent tous les jours, vous prenez votre service le jour "A" a 13:57 pour finir a 20:13 dans un dépot qui n'est pas le votre pour reprendre le jour "B" à 5:42 et finir a votre dépot d'attache à 12:07 et ces horaires changent continuellement, c'est une hygiène de vie a acquérir mais ça prends un peu de temps.

En 1978, la radio n'etait pas généralisée partout et la formation etait surtout axé sur le travail en ligne, souvent en double avec un conducteur moniteur mais parfois nous tombions sur des conducteurs que nous ne connaissions pas, voir d'autres dépots. une fois suffisamment avancé en formation conduite, nous pouvions prendre les commandes lorsque le titulaire nous le proposait mais au début .... ben c'etait le début et les nuits étaient longues, trés longues.
Durant cette période j'avais une réputation que je n'ai apprise que bien plus tard, celle de bien dormir en cabine 8-) Ce n'est pas glorieux mais c'est humain, si je restais sur le siège de l'aide conducteur sans rien faire, je m'endormais rapidement, si on me laissait les commandes, il n'y avais pas de soucis je restais bien éveiller.
Un jour je rentre d'un découché a Rennes avec un conducteur de ce dépôt, un ancien qui ne devait pas etre loin de la retraite, il parlait peu et m'avait laissé sur le siège de l'aide-conducteur et bien sur, je me suis endormi et il s'en ai aperçu "Ho, petit, tu dors ? qu'est-ce les gens vont penser lorsqu'on passe dans les gares ? qu'on passe son temps a dormir ?" Ah zut , que me raconte-t-il ? Qu'est-ce qu'ils vont en penser, je n'en sais vraiment rien mais il faudrait encore qu'il y est quelqu'un sur les quais et à 3h00 de matin ça m'étonnerais tout de même. Sur le fond, il avait raison mais question logique, il y avait un défaut .... :lol:
ex Conducteur TGV - jeune retraité

17 sept. 2014
10:14
 
 
Avatar de l’utilisateur tram21
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Re: Histoires de Conducteurs

Vinces, ton conducteur de Rennes, je me demande si ce n'est pas le même avec qui je suis rentré "en voyageurs" de Rennes jusqu'à Paris MP, sur un rapide :

J'étais monté en service facultatif de Trappes à Rennes comme aide-conducteur sur un messagerie, avec RHR + fac à Rennes (pas de train commandé au retour)

Après mes 9 h 00 de repos, je suis commandé "EV Rennes - Trappes"

Comme c'est de jour, je vais voir le mécano en tête du train (un train en provenance de Brest) si je peux monter vers lui dans sa 25200 (pour une fois que je pouvais voir la ligne de jour, et voir le comportement d'une 25200 à plus de 100 Km/h !)

Le mécano accepte, et nous voilà partis...

Pas vraiment du genre causant le gars !

Nous sommes en plein hiver, et le chauffage cabine de la 25200, très efficace, est bien apprécié (radiateurs + aérotherme !)

Les gares passent : Vitré, Laval, Conlie (transition de Block : on retrouve le BAL, alors que le Block Manuel régnait depuis Rennes)

Le Mans : baisser-panto : on retrouve le 1500 V juste avant d'arriver.

Arrêt en gare du Mans : tout bien à l'heure, ça roule... toujours pas un mot de mon mécano !

j'avais remarqué qu'avec les vieux mécanos, il valait mieux rester dans son coin et ne rien dire... certains étaient de vrais ours !

On n'a pas encore passé Chartres, que mon mécano s'écrie soudain : "il fait assez chaud comme ça !" (ce qui était vrai : la température cabine était plus proche de 28° que de 15° !)

Et le voilà qui joint le geste à la parole en coupant... le chauffage train (en coupant l'alimentation 1500 V des voitures remorquées !)

Là, je ne puis retenir ma langue et lui fais remarquer que ce n'est pas en coupant le chauffage train qu'il aura moins chaud en cabine, et que les voyageurs risquaient d'avoir froid derrière au bout de quelques minutes.

Je me suis pris une tombée d'anthologie sur ces "jeunes qui savent tout mieux que les anciens, il n'y a plus de respect, etc.", qui dura bien de avant Chartres jusqu'à avoir passé Jouy !

J'essaie de lui expliquer la différence entre la gestion du chauffage cabine et la gestion du chauffage train, en lui disant que je suis en pleine formation d'élève conducteur, et que justement, on venait juste de voir le fonctionnement des auxiliaires 1500 V de la BB 25200 la semaine dernière. (ce qui était vrai, en plus !)

En maugréant, il remet le chauffage train en service.

Et plus un mot jusqu'à l'arrivée au butoir à Montparnasse... dans une chaleur que j'arrivais tant bien que mal à compenser un peu en ouvrant la vitre latérale de mon côté, tout en guettant les réactions de mon ours mécanicien...

En descendant, je lui dis au revoir... et je perçois une sorte de grognement : "grlmblmm... ces jeunes !"

Jamais revu !
la logique et le chemin de fer sont deux choses bien distinctes qu'il ne faut pas mélanger

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17 sept. 2014
11:16
 
 
Avatar de l’utilisateur Vinces
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Re: Histoires de Conducteurs

Je peux comprendre que l'on ait sa fierté et qu'on ne soit pas tres content d'etre pris en défaut..... ca arrive a tout le monde, la preuve;

Au mois de décembre, au début des années 80 alors que j'était jeune conducteur j'assure un omnibus Dreux-Paris Montparnasse avec une RIO et un 67300 en revers, La ligne ne sera électrifié que quelques années plus tard. Il y avait un peu de brouillard sur la ligne et rien de tel que la glace chauffante pour lutter contre l'humidité qui se dépose sur le pare-brise (je ne me rappelle plus la puissance de ces glaces sur les RIO mais sur un TGV Dupleix ça atteint 1070 w et ça chauffe vraiment). Le dernier arrêt est Versailles Chantier et en repartant, j’arrête la glace chauffante, nous étions en zone urbaine et le brouillard était fini. A l'arrivée à Paris, un CTRA qui etait dans le train pour prendre son service vient me dire bonjour, sympa. Puis il me fait "Tu as eu un probleme ? on est dans le noir depuis le départ de Versailles". Je regarde la Boite a levier (tous les interrupteurs important sont réunis sur cette commande) et je m'aperçois que c'est l'éclairage voyageur de j'ai coupé et non la glace chauffante, les deux inters etaient côte à côte. Après lui avoir expliqué, je l'ai vu faire une grimace mais il ne m'en a pas tenu rigueur.
ex Conducteur TGV - jeune retraité

17 sept. 2014
13:40
 
 
Avatar de l’utilisateur 8uhr
Membre

Re: Histoires de Conducteurs

Salut !
Au hasard de mes recherches sur le net, je sui tombé sur cela : http://peynichout.rene.pagesperso-orange.fr/ferrovistoires/la_141.htm !
La fin m'a bien fait rire. Les autres anecdotes sont pas mal non plus, bien que le site soit un tant soit peu HS avec le sujet !
Arthur / 8Uhr ou Acht tur, adhérent de l'APF, présent aussi sur flickr
Visitez mon site web sur le train de nuit Paris Briançon !

Tchou Bye

17 sept. 2014
22:04
 
 
Avatar de l’utilisateur Vinces
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Re: Histoires de Conducteurs

En tout cas, ça se lit bien :)
ex Conducteur TGV - jeune retraité

18 sept. 2014
13:36
 
 
bbmidi196409
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Re: Histoires de Conducteurs

Je dévores vos pages très intéressantes,alors Messieurs les conducteurs à vos claviers s'il vous plait,vous ferez des heureux qui sont passionnés mais pas de la "Maison" et n'ont donc pas accès aux cabines de conduites........Merci! :D :D :D

18 sept. 2014
13:50
 
 
Avatar de l’utilisateur tram21
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Re: Histoires de Conducteurs

Dans les années 70, une BB 12000 assura un train de... Dijon Ville, jusqu’à Chalindrey...

Comment :

Le mécano du « Chiffonnier » (patachon omnibus Chalindrey - Is sur Tille et retour) était dans le bureau du chef de service d’Is sur Tille, en attente de retourner HLP sur Chalindrey avec sa BB 12000, n’ayant rien à ramener, lorsque le PC de Dijon, appelle la gare de Is :
PC : « le chiffonnier » est vers toi ?
CS : « oui, je te le passe »
Mécano : « oui ? »
PC : « viens vite à Dijon Ville, y a la 25100 du 1507 qui a demandé le secours, en tête de son train... »
Mécano : « je ne peux pas venir, c’est impossible ! »
PC : « comment ça, impossible ?? je te donne l’ordre de venir ! »
Mécano : « ah ! c’est un ordre ? bon, d’accord, j’arrive ! »

Il faut dire que, d’habitude, le « chiffonnier » était assuré en 25100... sauf ce jour-là !

Le mécano et son aide montent sur la 12000, et part vers Dijon...
Jusqu’au baissez-panto 25000 V / 1500 V de Porte-Neuve, pas de problème, mais après...
Le mécano se laissa glisser, sur l’erre, aussi loin qu’il a pu ; mais il se planta, faute d’élan, vers le poste 1 de Perrigny, quasi sous ses fenêtres... et demande le secours !

Fort heureusement, une machine prête en sortie de dépôt vint la pousser, jusqu’en tête du 1507, et une autre loc se mit en pousse attelée, jusqu’à Porte Neuve, ou la loc de pousse se détela, et poussa le plus possible le convoi, BB 12000 en tête, pantos baissés, vers le baissez-panto, et une fois sous 25 KV, releva son panto, et partit sans autre souci vers Chalindrey...

Le responsable du PC se prit une torpille, mais le mécano fut félicité, pour avoir géré au mieux sa 12000... sous 1500 V !
la logique et le chemin de fer sont deux choses bien distinctes qu'il ne faut pas mélanger

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18 sept. 2014
13:58
 
 
bbmidi196409
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Re: Histoires de Conducteurs

Comme quoi une 12000 sous 1500V c'est possible....!!!
Quand je pense aux "compteurs de rivets" qui disent dans les clubs ou les expos:faut pas mettre tel wagon ou loco ça n'a jamais existé........
Tiens,je vais me faire des amis...! :evil:

18 sept. 2014
14:05
 
 
Avatar de l’utilisateur tram21
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Re: Histoires de Conducteurs

bbmidi196409 a écrit:Comme quoi une 12000 sous 1500V c'est possible....!!!
Quand je pense aux "compteurs de rivets" qui disent dans les clubs ou les expos:faut pas mettre tel wagon ou loco ça n'a jamais existé........
Tiens,je vais me faire des amis...! :evil:


en gare d'Aix les Bains, c'était une pratique courante, lors des pointes hivernales, de voir une BB 12000 ou 13000 en tête d'un train vers St Gervais, sous 1500 V pantos baissés, avec une loc en queue qui poussait le train vers la section de séparation 1500/25000 juste après la gare...

la sortie massive des BB 25150 a mis fin à cette pratique.
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18 sept. 2014
19:27
 
 
Avatar de l’utilisateur Vinces
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Re: Histoires de Conducteurs

1998, le PAC (Pôle d'Aide aux Conducteurs) venait d'etre mis en service. Son but est de donner une aide au conducteurs ayant un soucis en ligne lorsque le guide de dépannage (GD) n'apporte pas de solutions satisfaisante

Nous en décembre et je ramène de St Gervais un train de neige avec un UM de TGV-SE. Justement je suis arrivé la veille avec ces rames et elles fonctionnent tres bien, elles vont donc me remener a Paris.

Après le départ, le train dessert Sallanche, puis Cluse et changement d'extrémité a Annemasse pour repartir vers Bellegarde. Nous sommes en VU (Voie unique) jusqu'a Longeray. Tout se passe bien jusqu'a l'approche de La Roche-sur-Foron où j'aperçois l'avertissement "Zut, ils font passer quelque chose a la bif (de ou vers Annecy / Aix-les-Bains) et je sais que sur l'étoile de Savoie il est quasiment impossible de récupérer du temps, on verra donc après Bellegarde sauf que ça se va se passer tout a fait différemment; cette journée a été la plus noire de ma carriere, tout conducteur de TGV en a au moins une lorsqu'il est en activité tant le matériel est complexe,

Donc au vu de l'avertissement je commande un serrage gradué assez faible, nous sommes en rampe et le carré est assez loin et là j'ai l'isolement automatique de 7 bloc moteur sur les 12 que comporte la rame + allumage de la lampe "Bloc Moteur en Freinage" (cette lampe signal un bloc moteur qui serait resté en freinage lorsque nous somme en traction, mais elle ne s'allume jamais lors d'un freinage, la position des appareils étant conforme a la commande de frein).

"M...... qu'est-ce que c'est que ce bazar ?" on peut perdre un bloc en freinage, c'est rare mais ça arrive, mais 7 bloc simultanement... et cette lampe n'a pas a s’allumer ainsi, je sens le gros problème, la vitesse ayant déja bien chuté, je dessert les frein pour aller jusqu'au signal et je suis même obliger de tractionner un peu pour y arriver, sauf que je n'ai plus aucune traction et arret a la vu du signal qui est encore assez loin, Bon, la plus d'hésitation, je rentre dans le guide mais avant j’appelle avec mon portable (je venais d'acheter mon 1er portable quelques mois avant), j'ai rapidement le chef régulateur que j'informe du problème et je lui demande de prévenir la gare de la Roche-surForon que j'applique mon guide.

Pas de surprise, le guide me fait visiter toutes les motrices pour trouver les bloc moteur en cause et me demande de les isoler, ce qui est fait, il me reste donc 5 bloc moteur actifs uniquement sur la rame de tête (j'ai un bloc isolé sur la rame de tête et 6 sur la rame de queue qui n'a donc plus de motorisation du tout) et là où je suis, vu les rampes c'est une demande de secours, normalement, on ne repart pas; Mais la gare étant juste a coté je tente le coup, surtout qu'entre temps le carré c'est ouvert (ils croyent aux miracles à La Roche ....)

Le rail etant sec, je tente tout de même de tirer le train en gare, ça n'avance pas vite, mais ça avance et en sortant de courbe je voie des agents de la gare se diriger vers moi, ils viennent voir ce qui se passe car le chef régul n'a pas fait redescendre l'info que je lui avait donnée, vu ma vitesse j'ai le temps de leur expliquer rapidement et je leur signale que je vais m'arreter en gare pour chercher une solution, une fois en gare, je me dirige, a pied vers le bureau du chef de service pour lui expliquer le problème et voir avec le PAC s'ils peuvent m'aider. Le PAC me répond d'une voix trés ennuyée qu'ils sont en train de dépanner un collègue qui a un gros soucis sur LGV et que leur priorité est de le sortir de là, "voie ce que tu peux faire et rappelle nous un peu plus tard" finalement ce sera beaucoup plus tard ... Je regarde les déclivités pour aller jusqu'a Annemasse et j'appelle le réugulateur pour lui expliquer mon probleme et lui proposer un marché "si tu me laisse la priorité sur toute les circulation je peux tenter d'aller jusqu"a Annemasse, mais je ne dois pas etre arrêté" entre un train avec 600 ou 700 personnes bloqués à La Roche et le même qui roule (même a faible vitesse) il n'hésite pas et me dit que c'est d'accord,

Bon un soucis de moins, La Roche m'ouvre et je repars ce n'est un TGV au mieux de sa forme mais ça avance tranquillement, j'ai un peu l'impression d'étre aux commandes d'un trains de fret tant les performances sont basses et bien sur a Reignier, la gare suivante; avertissement et arrêt juste au pied du BV, je voie arriver une Z2 dans l'autre sens, le régul a du croire que ça passerait mais non. Reignier ouvre son sémaphore et ..... M.... plus de traction encore une fois, rien la rame ne bouge pas d'un poil. Saloperie de matériel, au grand mot les grands remèdes, il y a déja un certains temps que les procédures sont plus ou moins "adaptées" donc autant continuer, je décide de ne pas appliquer le GD qui ne me donnerait pas plus de solution que la premiere fois et je réinitialise les systèmes en coupant la batterie sur les deux rames pendant une petite minute (une RAZ - Remise a zéro - par la Batterie peu effacer certains défauts, mais ça ne résoud pas le problème), remise en service du poste et départ, cette fois ça roule mais dès que je touche au frein je perds la traction, c'est sur il y a une grosse m ..... quelque part, Prochain arret Annemasse où je tenterai de rappeler le PAC,

A Annemasse, j'appelle le PAC avec mon portable en remontant la rame et je lui explique l'évolution du problème, mais lui est toujours sur son TGV coincé sur LGV donc pas d'aide de sa part, si ce n'est un "on te fait confiance, tu t'en sors pas mal", ben voyons, j'espère que mon supérieur direct sera du même avis lorsqu'il lira mon rapport. Je demande aussi au chef de service de ne m'envoyer QUE s'il a l'assurance du régul que celui-ci ne m'arrètera pas en ligne, assurance qu'il obtiendra, il viendra même me le dire avant de m'expédier.

Après le changement de bout je me retrouve sur la rame qui n'a plus aucune traction, tous ses blocs moteurs sont isolés et je décide de remettre au moins ceux de la motrice en service, de réinitialiser une nouvelle fois les systemes par un RAZ batteries pour repartir avec quelque chose de propre, comme je suis sur une des motrices a problème si je veux voir ce qui se passe, il faut s'en donner les moyens. Je reçois le départ du controleur et je roule, ha, tout de suite avec 3 blocs en plus ça roule mieux - pas pour tres longtemps. Le temps de me lancer j'arrive a la zone ou les voie de La Roche et Bellegarde se séparent lorsque j'ai une fuite à la CG (conduite de frein) et simultanément la lampe Alarme qui s'allume (cette lampe s'allume entre autre lorsqu'un signal d'alarme est actionné), décidement c'est pas le jour, si j'avais su j'aurai posé une journée de congé. le controleur m'appelle rapidement a l'interphonie et me signal que c'est une personne accompagnant un voyageur qui est resté dans le train et qu'il a pas eu le temps de l’empêcher de tirer le signal d'alarme, il descendra a Bellegarde, du moins si on y arrive...

Le signal étant réarmé par le controleur, je repars dans les conditions de l’arrêt accidentel, du moins j'essaie, car une nouvelle fois les rames n'en font qu'a leur tête, j'ai perdu les trois blocs que j'avais remis en service et bien sur je n'ai plus de traction, une nouvelle fois RAZ batterie, en général on le fait une fois, là maintenant ça fait déja trois fois, On repart mais je suis juste au pied d'une rampe qui si elle n'est pas tres importante est longue; pas de soucis pour respecter la marche a vue, je ne dépasse pas les 28 km/h, je n'ai pas remis les blocs de ma motrice en service lorsqu'ils se sont de nouveau isolés. Après le signal de cantonnement j'arrive a reprendre un peu de vitesse jusqu'a 40 km/h et je commence a décompresser doucement "ha la griserie de la vitesse .... je vais faire aussi bien qu'au temps de la vapeur". la réalité me rattrappe un peu plus loin, avant St Julien en Genevois je prends un avertissement "Mais le regul se fous de moi c'est pas possible", bien sur lors du coup de frein j'ai perdu toute ma traction, mais maintenant vous connaissez la recette, oui c'est ça ,une RAZ batterie, ce sera la quatrième; mais dans le rampe juste avant St Julien la rame peine a monter et ça commence a sentir le chaud en cabine, donc arret en gare, je vais laisser les moteurs refroidir avec la ventilation forcée et je vais dire ce que je pense au regul. C'est l'une des rare fois où je me suis vraiment énervé au téléphone, j'ai mis le regulateur au pied du mur soit il s'engageait de ne plus m'arreter, si ça devait arriver je ferais une demande de secours sur place en lui blocant la ligne ou s'il refuse je fait une demande de secours en gare de St Julien. Il choisit de ne plus m’arrêter et effectivement cela n'arrivera plus. Je laisse la rame refroidire durant environ 15mn avant de retenter de repartir, puis départ vers Bellegarde que nous atteindrons finalement.

Une fois la section de séparation 25000/1500 passé, je m'aperçois que les ennuis semblent finis, ça roule bien, presque normalement compte tenu de ce qui me reste en puissance. A la sortie du tunnel du Cret d'eau, je vois l'avertissement pour etre reçu en gare je coupe la traction et ... P..... mais c'est pas vrai ... la traction ne se coupe pas les moteurs restent en traction alors que le manipulateur est sur "0". la procedure dans ce cas demande d'ouvrir les disjoncteur, ce que je fais et bien sur la traction cesse faute de courant, j'ajuste mon arret en gare et je rappelle le PAC. Celui-ci a reglé son soucis sur LGV et peut s'occuper de moi, je passe un peu de temps a lui expliquer le déroulement des anomalies et les mesures que j'ai prise, ce qui l"intrigue c'est l'évolution de l'anomalie après la section de séparation, il ne comprends pas le problème de décide de me faire couper (séparer) les deux rames pour savoir laquelle est en cause. Et là grosse surprise, une fois séparée les deux rames fonctionnent normalement.

La demande de secours se fera an Gare de Bellegarde, décision ayant été prise de laisser les rames sur place pour expertise. Je récupere un UM de TGV réseau qui retournait a Paris en W avec un arret supplémentaire a Macon TGV. Une rame qui marche, c'est tout de même autre chose, les gares défilent sans le moindre petit souci, entrée sur la LGV a Pont de Veyle et libération a 270V après la zone a 220 du raccordement et Merde, le PAR a oublier l'arret supplémentaire a Macon, je suis dirigé vers Paris par voie directe, arret d'urgence , arret obtenu avant l'aiguille donnant accès a la voie 4 a Macon. le PAR reprendra la voie et me dirigera bien sur Macon.

Le retard a Paris sera de 3h20, pas si mal somme toute compte tenu des soucis,

Nous avons cherchés a connaitre la raison exacte de ce problème et la réponse qui nous a été retourné par le matériel fut "incompatibilité de câblage entre les deux rames", l'une des deux venait en effet d'etre modifiée pour le 300km/h, mais curieusement, elles fonctionnaient parfaitement la veille, tout comme les premiers km du trains .....
Ce sera le seul cas où mon supérieur direct viendra me féliciter pour mes initiatives lors d'un incident, félicitations aussi chaleureuses que verbales, faut pas pousser non plus ....

J'espere que vous excuserait la longueur du post, il est exceptionnel tout comme cet incident,
Dernière édition par Vinces le 18 Sep 2014 23:26, édité 1 fois.
ex Conducteur TGV - jeune retraité

18 sept. 2014
22:12
 
 
gaillon27
Membre

Re: Histoires de Conducteurs

Bonsoir,beau témoignage,agréable à lire

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